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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 11:43

Naoko

 

Naoko a donné naissance à une jolie petite fille. Il y a bientôt un an et demi qu’elle a quitté son travail pour se consacrer à sa nouvelle vie de famille. Ancienne hôtesse au sol de Japan Airlines à l’aéroport de Narita, Naoko n’a connu qu’un seul amour. Celui qui aujourd’hui lui a donné la joie de pouvoir être mère. A 26 ans, Naoko était la seule dans son groupe d’amies à être vierge. Ses amies avaient déjà une expérience des hommes mais elle, elle n’avait jamais osé répondre au regard des autres. Jusqu’à ce que ce jeune instituteur, au gabarit imposant, lui sourie. Un sourire qui, pour la première fois, ne la laisse pas indifférente.

 

A 27 ans, Naoko se marie et arrête son travail. Une cérémonie à Hawaii a lieu, puis une autre au Japon avec l’ensemble des amis, collègues de travail et famille. Quelques mois plus tard, Naoko est enceinte. Elle retourne chez sa mère, qui vit à Kanagawa près des sources d’eau chaude, jusqu’à la naissance… La petite fille est en bonne santé, elle a les bonnes joues de son père, porte la douceur de sa mère dans ses yeux. Naoko est exténuée, le mari est comblé. A la sortie de l’hôpital, Naoko s’installe chez ses parents, comme il est de coutume les deux premiers mois. Son mari, travaillant à Tokyo, fait le déplacement chaque jour pour aller les voir,  six heures de train aller retour.

 

Les mois passent et la petite fille a 9 mois. Naoko passe 5 jours par semaine chez sa mère, délaissant la maison que la famille leur a acheté à Tokyo, et attend son mari qui rentre du travail. Finalement, la longueur du trajet oblige le jeune père à ne venir que les weekends.


Arrivé de la gare, il s’empresse d’aller étreindre sa fille. Mais elle hurle de peur et se réfugie dans le creux de la poitrine de sa mère. « Elle va se réhabituer à toi » dit Naoko, un peu gênée…

 

Hisako

« Tu ne connaîtrais pas un français libre par hasard ? » me demande une Hisako surexcitée au mariage de Yui. En tenue de belle au bois dormant, elle manque rarement les nombreux mariages de l'année. Toutes ses amies approchent de la trentaine. Elle aussi, mis à part qu’elle est presque la seule à être complètement seule. Sa dernière aventure date d’il y a 3 mois. Le garçon était pourtant charmant, mais il travaillait trop, disait elle. Pas moyen de le voir en forme un seul jour de la semaine et les weekends passés à le voir avachi devant la télé, souvent complètement ivre, l’avaient conduite à une logique rupture.

Ce n’est tout de même pas faute d’avoir essayé. Malicieuse, Hisako est de celles qui n’ont pas honte de dire qu’elles pètent au lit même quand elles le partagent. La vie semble n’être qu’un jeu, jamais sérieuse et où l’on peut rire de tout. Ceci étant, comme toutes ses amies, elle approche de la trentaine, cap difficile à franchir seule.

On lui suggère l’Omiai, vieille méthode qui consiste à envoyer une sorte de cv à un mari potentiel, un usage pour ceux et celles qui, soit ne trouvent pas le temps, soit ne trouvent pas tout court. Elle envoie quelques feuillets qui contiennent sa photo, un résumé sur elle, son université, son travail, la richesse de sa famille et d’autres détails pouvant être dignes d’intérêt. Elle les envoie à la liste des prétendants disponibles qu’on peut choisir par rang social, par aspect physique,  voire même par solidité financière.

 6 mois plus tard, Hisako n’est plus seule. « Salut ! Je me suis mariée il y a une semaine à Hawaii avec un médecin. »

Un médecin bien établi selon ses dires, disposant de son propre cabinet de gynécologie, financièrement aisé, doux et attentionné, âgé de 45 ans, recommandé par ses parents.

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Published by Giyo Chan
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Theo 29/09/2008 10:51

Ce qui me chagrine concernant les japonaises que j'ai connues et que je connais, c'est de se caser "par intérêt". Un bon parti, c'est ce qu'elles attendent. Je sais bien que ce type de recherche existe partout dans le monde, mais là, c'est particulièrement sidérant compte tenu de la richesse du pays.
Je retrouve dans mes connaissances, ces filles dont tu parles...

Laurent 09/09/2008 03:12

salut.
Ah ce passage de la trentaine, c'est presque un traumatisme dans la vie des femmes et des hommes.
et ils sont heureux? parceque c'est ça le plus importnt finalement.

Giyo Chan 09/09/2008 04:28


Bonjour Laurent,

Sont ils heureux ? Je n`en ai aucune idee ! Le bonheur etant une conception subjective, jusqu`a present ces couples sont toujours ensemble !


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Chroniques sociales d'un français au Japon

 

Un jour ou l’autre, nous allions tous mourir et une fois nos corps emportés et enfouis dans la terre, seuls nos amis et nos familles sauraient que nous avions vécu. Nos morts ne seraient pas annoncées à la radio, ni à la télévision. Il n’y aurait pas de notices nécrologiques dans le New York Times. On n’écrirait pas de livres sur nous. Cet honneur-là est réservé aux puissants et aux célébrités, aux gens d’un talent exceptionnel, mais qui se soucierait de publier les biographies des gens ordinaires, de ceux qu’on ne chante pas, de ceux qu’on rencontre dans la rue tous les jours de la semaine et qu’on ne prend même pas la peine de remarquer ?" - Paul Auster - Brooklyn Follies 

Chers lecteurs,

Bienvenue sur les autres japonais. Vivant au Japon depuis plus d'une dizaine d'année, j'ai commencé ce blog en 2008, afin de partager avec vous une expérience du Japon au travers des autres, les proches, les inconnus, les rencontres fortuites, parfois un compagnon de voyage dans un train, tous ceux et toutes celles qui dans un regard, des mots prononcés, des attitudes, ont laissé entrevoir un peu de leur vérité.

Les autres japonais n'a qu'un thème central, celui de vous parler de ceux dont on ne parle pas au Japon, ceux que l'on ne regarde pas, que l'on ne voit pas et que pourtant nous croisons tous les jours.

Je vous souhaite une bonne lecture. 

Giyo Chan

 


 

 

 

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